Bienvenu en Ecopsychologie

Prochain atelier d’écopsychologie : samedi 21 et le dimanche 22 mai 2016. Prochain atelier d’écothérapie : samedi 11 juin et dimanche 12 juin 2016. Pour plus de détails, voir l’onglet « activités ».

Pourquoi  l’Ecopsychologie ?

L’émergence et le développement de l’écopsychologie résultent, pour l’essentiel, de la rencontre de l’écologie et de la psychologie, comme le terme lui-même le laisse entendre. Cette rencontre  résulte aussi, largement, du constat qui suit.

Depuis les années 70, on ne compte plus les études, analyses et rapports scientifiques sur la grave situation écologique actuelle de la planète. Ces travaux sont, chaque fois, plus alarmants les uns que les autres.

Pourtant, de leurs côtés, les gouvernements et autres instances décisionnelles semblent avoir réagi à cette situation. Depuis ces mêmes années 70, la majorité d’entre eux ont, en effet, adopté près de 500 traités environnementaux, internationaux et régionaux, ainsi que de multiples arsenaux législatifs et réglementaires nationaux. Le monde des affaires semble s’être également mis au « vert » comme semblent le montrer leurs multiples communications et initiatives en faveur du développement durable. Leur sincérité et leur efficacité restent cependant encore à démontrer. Quant aux citoyens, de France ou d’ailleurs, ils n’ont jamais autant été informés sur l’état de la planète ainsi que sur l’impact de leurs modes de consommation et de leurs gestes quotidiens sur cette dernière. Or, pour l’instant, rien ne semble y faire : la situation  écologique de la Terre ne cesse de s’aggraver, comme inexorablement, ainsi que l’attestent les derniers rapports scientifiques de référence[1]. Plus récemment (2011), selon la très sérieuse revue scientifique Nature,  nous ne pourrions désormais plus éviter une augmentation moyenne de la température du globe de + 2°, niveau maximum que celui-ci pourrait supporter sans dommage significatif pour les écosystèmes et les sociétés humaines. De son côté,  la Banque Mondiale nous alerte (2012) que nous pourrions atteindre  + 4° d’ici 2060. La même revue Nature  nous avertit égalemenr (2012) que notre planète pourrait atteindre un gravissime point de basculement écologique d’ici 2100. .

Face à ce très préoccupant constat (qui conduit de plus en plus de scientifiques, habituellement prudents dans leurs termes, à dire qu’ils sont terrifiés par leurs découvertes), l’une des questions centrales qui pose l’écopsychologie, sinon «la» question centrale, peut s’énoncer ainsi  : qu’est-ce qui se passe  dans nos esprits (que nous soyons décideurs, industriels, politiques, professionnels de tous bords ou simples citoyens) que, malgré autant d’informations et de mises en garde plus inquiétantes les unes que les autres, autant de signes précurseurs de la catastrophe annoncée, autant d’initiatives sans résultat à la hauteur des enjeux, qu’est-ce qui se passe donc que nous ne mettons pas immédiatement tout en oeuvre pour résoudre cette crise gravissime et, bientôt, peut-être, quasi incommensurable et irréversible ?

En effet, l’une des prémisses qui fondent l’écopsychologie, ses recherches tout autant que ses pratiques, se résume dans ce simple énoncé : la crise écologique actuelle n’est, ultimement, rien d’autre qu’une crise de l’esprit humain. C’est-à-dire que, à l’instar de bien d’autres problématiques et crises actuelles, les désordres écologiques actuels ne sont que le reflet extérieur de nos désordres intérieurs, comme l’écrit Davir Orr (professeur d’éducation à l’environnement à l’Oberlin college, Ohio, E-U). Le philosophe spirituel, Jiddu Krishnamurti, ne disait sans doute pas autre chose quand il écrivait : « Ce que vous êtes, ce que vous pensez et ce que vous ressentez, ce que vous faites dans votre vie quotidienne, est projeté à l’extérieur, et c’est cela qui constitue le monde ».

L’écopsychologie c’est donc l’étude de la dimension psychologique de la crise écologique ; c’est aussi l’étude des processus psychiques qui nous lient ou nous séparent du monde non humain, processus dont les disfonctionnements constituent donc, selon les écopsychologistes, la cause fondamentale de la crise écologique. Elle constitue, enfin, une proposition, une méthode et une pratique de réconciliation de l’être humain avec la nature, y compris pour sa meilleure santé mentale et physique. Il ne peut y avoir une humanité en bonne santé sur une planète qui ne le serait pas, écrivait le psychanalyste Jame Hillman, aujourd’hui décédé .

L’objectif de ce site est donc, bien évidemment, de faire mieux connaître cette discipline pionnière dans le monde. Il est aussi de proposer d’en découvrir des déclinaisons concrètes, notamment grâce un programme d’ateliers d’Ecopsychologie pratique et d’Ecothérapie. Ce programme n’étant encore qu’à ses débuts, du fait, principalement, du peu de connaissance qu’ont encore les Français de cette discipline et de ses bienfaits, le nombre et la durée de ces ateliers restent, pour l’instant, limités.

[1] Nations Unies : Evaluation des Ecosystèmes du Millénaire, 2005 ; GIEC : Rapport, 2009 ; UICN : Liste rouge, 2010 ; PNUE : Perspectives mondiales de l’environnement, 2010 ; Secrétariat de la convention sur la diversité biologique : Perspectives mondiales de la diversité biologique,  2010. Et tout récemment : Personnes Résilientes, Planète résiliente, janvier 2012 (ONU) ; et L’Avenir de l’environnement mondial (GEO5), PNUE, juin 2012.

[2] J. Krishnamurti, « La première et dernière liberté », chapitre 3.