Bienvenu en Ecopsychologie

Quistinic, le 13 septembre 2019.

Nous vivons, aujourd’hui, un temps extrêmement inédit et grave dans l’histoire de l’humanité. Pour la première fois de la période dite historique, commencée au néolithique avec la naissance de l’agriculture il y a quelques 10.000 ans, notre espèce a atteint un niveau de puissance et d’impact sur la planète comparable à celui des grandes forces  géologiques. On parle à ce sujet de l’Ère de l’Anthropocène, soit l’Ère de l’Homme, succédant à l’Holocène, qui a commencé, justement, il a 10.000 ans. Cette puissance et cet impact pourraient mettre en péril l’avenir de notre espèce, du moins, une partie de celle-ci, ainsi que l’avenir de nombre d’espèces vivantes dont nous dépendons presque entièrement.

Depuis le rapport Bruntland, de 1997 (« Notre avenir à tous »), jusqu’au dernier rapport du GIEC, d’août 2019 (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat ), et de celui de l’IPBS, de mai 2019 (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques) – pour ne mentionner que les deux plus grandes instances scientifiques internationales de référence – la communauté scientifique nous alerte années après années sur la détérioration continue et toujours plus aggravée de l’état écologique de la planète. Sans beaucoup de succès.

Dans les années 90, de prestigieux scientifiques américains se sont interrogés : pourquoi nos études et rapports, pourtant si alarmants, échouent-ils à impacter vraiment les décideurs et le grand public et, conséquemment, à altérer la trajectoire gravissisme dans laquelle nous nous trouvons ? Savons-nous bien communiquer nos données ? Comment pourrions-nous toucher les uns et les autres pour qu’ils prennent réellement la mesure de cette si préoccupante situation et, conséquemment, changent significativement de comportements ? De l’autre côté du spectre, des professionnels du champ psycho-sociologique,  parmi ceux informés et sensibilisés à ces problématiques environnementales (psychologues, psychanalystes, sociologues, anthropologues, notamment), se sont demandés : est-ce que les racines de cette crise écologique actuelle ne résideraient pas dans nos psychés ? Est-ce que les désordres écologiques actuels extérieurs ne seraient pas l’expression concrètes de nos désordres psychologiques intérieurs ? Ne devrions-nous pas mettre nos connaissances et nos expériences dans le domaine de la psyché humaine au service de la compréhension de ce nouveau phénomène et au service des scientifiques et des acteurs pro environnementaux pour qu’ils parviennent, enfin, à toucher en profondeur les différents acteurs de la société  et susciter l’action nécessaire ?

C’est dans ce contexte qu’est née l’écopsychologie, en Californie dans ces années 90. D’abord, des rencontres informelles entre les différentes spécialistes de l’écologie et de la psychologie ainsi que des associations environnementales ; puis, le début de l’organisation d’un  nouveau champ de recherche, de méthodologie et de pratique… avec la publication d’un ouvrage d’auteurs, fondateur du champ (non traduit en français) : « Ecopsychology : Restoring the Earth, Healing The Mind ».

L’écopsychologie est maintenant bien développée dans les pays anglo-saxons (principalement aux Etats-Unis, en Grande Bretagne et en Australie). En Europe, un école d’écopsychologie prospère en Italie depuis quelques années ; elle est également active en Espagne et en Amérique latine. Dans la sphère francophone, la Belgique a réellement pris une belle avance avec, par exemple, prochainement, le début d’un deuxième cycle de formation avec deux nouvelles promotions (et… 100 candidats !). En France, par contre, le domaine reste balbutiant. Les écopsychologues se comptent sur les doigts d’une main dans ce pays, et encore ! Ceux-ci, de surcroît, comme l’auteur de ces lignes, peinent à impliquer le public dans leurs propositions d’activités et, tout simplement, à se faire connaître. Du reste,  les médias français n’en parlent presque pas, à part, de temps en temps, le quotidien Libération (il y a plusieurs années maintenant) et, aussi, notamment, Psychologie magasine. France Culture, le 10 Janvier 2016, a cependant interviewé Michel Maxime Egger, sociologue suisse et auteur de « Soigner l’esprit, guérir la Terre : introduction à l’écopsychologie « ;  une première, sans doute. Par ailleurs,  les ouvrages de Pablo Servigne, de Raphael Stivens et de Gauthier Chapelle, sur la collapsologie, qui évoquent l’écopsychologie, ont contribué à davantage faire connaître ce domaine chez les francophones. Cependant, le quotidien Le Monde, indéniablement l’un des quotidiens français de référence, a pu consacrer récemment (pages « L’époque », de l’édition des 23 et 24 juin dernier) plusieurs excellentes pages aux dimensions psychologiques des problématiques écologiques…  sans faire une seule fois référence à l’écopsychologie !

A part cela, apparemment, rien dans les médias français à ce sujet, ou si peu.

Alors qu’en langue anglaise pas moins d’une trentaine d’ouvrages ont été publiés depuis les années 90, en langue française on ne compte que les deux livres de Michel Maxime Egger, (remarquables, du reste), celui mentionné ci-dessus ainsi que « Ecopsychologie : Retrouver notre lien avec la Terre », et ce à côté des deux  ouvrages de Joanna.Macy, traduit de l’anglais, dont le dernier « Ecopsychologie pratique et rituels pour la Terre ».

Ce site, construit en 2015 a, bien évidemment, comme principal objectif de mieux faire connaître l’écopsychologie en France et dans les pays francophones. Le visiteur y trouvera à suivre une présentation très brève du domaine.  S’il souhaite en approfondir sa connaissance, il est invité à cliquer sur l’onglet «Publications », puis sur « Initiation à l’écopsychologie ». S’il souhaite approfondir encore davantage, l’ouvrage de M. M Egger, mentionné en premier ci-dessus, devrait satisfaire son besoin.

L’écopsychologie, en (très) bref

C’est, en premier lieu, l’étude des processus psychologiques et émotionnels qui nous relient à la Nature et à la Terre, ou qui nous en séparent ou altèrent cette relation. C’est ensuite l’étude de la dimension psychologique de la crise écologique actuelle, c’est-à-dire des processus psychiques en oeuvre et dont les dysfonctionnements constituent, selon les écopsychologistes, la cause racine de cette crise. Elle constitue, enfin, une proposition, une méthode et une pratique de réconciliation de l’être humain avec la nature, y compris pour sa meilleure santé mentale et physique. « Il ne peut y avoir une humanité en bonne santé sur une planète qui ne le serait pas », écrivait il y a quelques années le psychanalyste jungien James Hillman, aujourd’hui décédé.

L’écopsychologie se décline, notamment, en : Ecopsychologie pratique, Ecothérapie, Ecologie profonde (Travail qui relie, de J. Macy), Terrapsychologie, Thérapie horticulturale (ou Hortothérapie), Equithérapie, Sylvothérapie, Zoothérapie.

Propositions

Depuis plusieurs années, en tant qu’écothérapeute, notamment, j’accompagne des personnes qui sont dans un inconfort psychologique voire dans une vraie souffrance émotionnelle et profonde devant la situation écologique de la planète, actuelle et à venir et face à laquelle elles se sentent impuissantes, ce qui rajoute de l’inconfort et de la souffrance. Des personnes qui ont peur pour elles et pour leurs enfants, qui vivent l' »éco-anxiété » dont les médias parlent de plus en plus, ainsi que la « solastalgie » (situation de souffrance psychique et/ou existentielle causée par les bouleversements écologiques actuels et liées aux peurs du futur). Cet accompagnement se fait soit chez moi, à mon domicile, à Quistinic (dans le 56) soit, quand les personnes sont trop éloignées géographiquement, par skype.

A la demande, j’anime également des ateliers de deux ou plusieurs jours soit d’écopsychologie pratique soit d’écothérapie (voir l’onglet « Activités »).

Depuis peu, des entreprises, dont les missions conduisent leurs salariés à être exposés aux graves nouvelles de la planète, font également appel à moi pour accompagner ces derniers dans la gestion de leurs inquiétudes, questionnements, peurs et  éco-anxiété.

Je continue, par ailleurs, à animer des conférences sur ces sujets, à la demande ; et, bien entendu, sans nécessité de trajet en avion.

Enfin, je suis à la disposition des associations d’environnement qui souhaiteraient re-visiter leurs stratégie d’actions et leurs modes de communication, notamment, afin de réussir à toucher et à impacter davantage les décideur, les différents acteurs de la société et le public en vue de contribuer à accélérer significativement les changements urgents de comportements (modes de production et de consommation) que la crise écologique nécessite.

Pour plus de détails sur la manière dont peuvent s’organiser et se dérouler mes stages, je vous invite à rejoindre l’onglet « Activités ».

Vous pouvez me contacter à : jpledanff@hotmail.fr ; ou à jpledanff@hotmail.com

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