L’écothérapie

Qu’est ce que l’Ecothérapie ?

C’est, en tout premier lieu, une approche de développement personnel ainsi que de soins psychologiques et psycho-somatiques dont la spécificité est de se pratiquer dans l’interaction avec la nature (et/ou des éléments de nature) ; elle inclut le travail avec le corps et les 5 sens.

Elle est quelque fois appelée « Thérapie verte » ainsi que « Thérapie centrée sur la planète » et peut inclure différentes méthodes de « restauration de la santé mentale » des personnes  telles que : «les  pratiques de reconnexion avec la nature », la thérapie horticulturale,  la thérapie assistée par des animaux, le travail en nature sauvage, le travail sur l’ « éco-anxiété ».

Du fait du terme « thérapie », intégré dans son appellation, l’Ecothérapie ne devrait pas être confondue avec des approches voisines mais néanmoins distinctes ; tout particulièrement avec l’Ecopsychologie théorique et pratique et du « Travail qui relie » (Joanna Macy). La pratique de ces dernières peuvent avoir des effets thérapeutiques mais ne peuvent être considérées comme des thérapies en tant que telles. Il ne peut y avoir d’Ecothérapie que si l’Ecothérapeute est, à la base, thérapeute.

En second lieu, l’Ecothérapie s’adresse aux personnes qui souffrent de vivre dans une environnement difficile, toxique et stressant, et, plus généralement, à celles qui vivent mal et sont angoissées par la crise écologique actuelle.

Enfin, l’Ecothérapie est aussi une discipline qui veut participer à la résolution de cette crise écologique en en étudiant les causes psycho-sociales et travaillant à apporter des approches nouvelles ; par exemple : en proposant des approches d’éveil des personnes sur les relations entre leur sur-consommation, souvent d’origine psychologique, et la pression sur les milieux naturels ainsi que les ressources qu’ils produisent. Comme déjà mentionné sur d’autres pages de ce site,  David Orr  résume remarquablement notre problématique par sa formule : « la crise écologique est, in fine, une crise de l’esprit », c’est-à-dire l’expression externe de nos dysfonctionnements psychologiques internes.

D’un autre coté, l’Ecothérapie considère que nombre de problèmes psycho-somatiques contemporains (cancers, dépressions, anxiétés, maux de vivre, stress, pertes de sens, notamment) sont la conséquence de la destruction de notre environnement et des effets de nombreuses nuisances (bruit, pollutions, banalisation et enlaidissement de nos environnements, souffrance devant la disparition des espèces et des milieux, angoisses et dépressions liées au futur…). Toutefois, les personnes tout autant que les cliniciens sont rarement conscients de l’impact de ces nuisances environnementales sur la santé mentale et psycho-somatique des gens. Peu d’informations sont disponibles sur cette perspective, surtout en France, pays cartésien. L’Ecothérapie peut apporter une aide aux personnes dans telles situations et, notamment,  susciter chez elles des actions propres à changer, à  tout le moins, leur environnement immédiat.

Pourquoi l’Ecothérapie ?

Elle se fonde sur la conviction que notre espèce ayant évolué sur la majorité de son histoire en interrelation synchronique avec la nature, nous sommes biologiquement programmés pour interagir avec notre environnement naturel – l’air, l’eau, les plantes et les animaux ; que de ce fait, notre santé psychique et physique ne peut être assurée que par un minimum de contact (sain) avec la nature. Même de nos jours, nos vies sont, de fait, complètement interdépendantes et inter-reliées à la nature, directement ou indirectement, de manière apparente ou non.

C’est pourquoi, à la différence de la plupart des autres écoles de thérapie, y compris des thérapies systémiques (comme la thérapie familiale de l’école de Palo Alto) ou de thérapies du champ (comme la Gestalt thérapie), l’Ecothérapie inclut la nature et l’environnement global des personnes dans le système ou le champ de personnes dont elle s’occupe.

Du reste, de nombreuses études récentes montrent aujourd’hui que le bien-être général et la santé psychique des personnes peuvent être significativement améliorés dans le contact avec la nature, y compris avec une nature simplifiée comme celle des espaces verts des villes.

Principaux bienfaits reconnus de l’Ecothérapie

Bien qu’en constant développement et de plus en plus documentées, les études sur les bienfaits de l’Ecothérapie sont récentes et encore peu nombreuses. Toutefois, outre les observations empiriques effectuées par les praticiens, on peut déjà en tirer les enseignements suivants :

> en développement personnel : accès à un (plus grand) calme intérieur ; plus grande présence à soi-même dans ses trois dimensions (esprit, émotion, corps), l’esprit reprenant une place plus équilibrée par rapport aux deux autres dimensions; réanimation de sens ; ré-enchantement de la vie avec un sentiment d’être plus voire pleinement vivant. Tout cela génère le besoin de plus d’authenticité et de simplicité (ceci allant avec la prise conscience que les besoins sont moins importants que ce que l’on croyait et que l’essentiel est dans l’ « être » de non dans l’ « avoir ») ainsi que de lien social. In fine, avec, en outre, une estime de soi accrue, l’Ecothérapie apporte une plus grande clarté sur ce que l’on veut faire de sa vie avec une bien meilleure disponibilité et une plus grande créativité pour mener ses projets spécifiques ou son projet de vie.

> en thérapie : outre les bienfaits présentés ci-dessus, lesquels peuvent déjà participer significativement à l’amélioration de la santé mentale des personnes, l’Ecothérapie peut permettre de soigner des problématiques psychologiques très diverses, en particulier celles plus archaïques, plus de l’ordre de notre animalité originelle. L’interrelation avec la nature sauvage (autant qu’elle puisse encore l’être encore dans nos contrées européennes), avec les puissants espaces montagneux ou l’immensité océanique, avec la profondeur quasi mystérieuse d’une forêt, va favoriser l’émergence de peurs, d’angoisses, sentiments de solitude existentielle ou… de pulsions de vie ou de mort, que la calme sécurisé d’un cabinet en ville ne favorisera pas aussi aisément ou pas du tout et qui, ainsi pourraient ne pas être « travaillés ». L’Ecothérapie commence également à être reconnue comme particulièrement indiquée pour contribuer à soigner stress, dépressions, angoisses et anxiétés, notamment. Il est intéressant de souligner que certaines de ses déclinaisons en ‘thérapie assistée par des animaux’ (comme la zoothérapie ou l’équithérapie), par ailleurs tout à fait bénéfiques pour tous, obtiendraient, aussi, de bons résultats en particulier avec les schizophrènes, y compris les autistes.

Où et quand est née l’écothérapie ?

 Aux Etats-Unis avec Howard Clinebell qui, avec son ouvrage « Ecotherapy: Healing Ourselves, Healing the Earth » (1996) a probablement utilisé le terme le premier et posé les premières bases de la méthode. Le terme s’est installé et la méthode confirmée et enrichie avec  l’ouvrage collectif « Ecotherapy» édité par Linda et Craig Chalquist. Aujourd’hui, l’Ecothérapie se développe un peu partout dans le monde et, en particulier, dans les pays anglo-saxons (avec, notamment, un important réseau en Grande-Bretagne). Elle est enseignée par différents organismes privés et même par la prestigieuse John F.Kennedy University, à Pleasant Hill en Californie. Elle reste, par contre, encore très peu présente en France.

Comment se passe une séance ou un atelier d’Ecothérapie ?

En individuel, chaque séance est unique car elle se déploie à partir et autour de la demande du sujet. Toutefois, de manière générale, une séance d’Ecothérapie commence presque toujours par un travail en intérieur (en cabinet) et, comme dans nombre de thérapies, avec ce que les personnes apportent dans l’ici et maintenant. Tout au long de ce temps, un fort accent est mis sur le développement de l’awareness interne et externe, c’est-à-dire  de la conscience fine de ce qui se passe dans le corps de la personne – en particulier la respiration – ainsi qu’autour d’elle. S’en suit un travail en extérieur, dans la nature, donc. Dans l’interrelation entre celle-ci et la personne, laquelle va être invitée à s’ouvrir à elle le plus possible par son awareness, l’ambiance du milieu ainsi que ses multiples composantes (animales, végétales et minérales)  vont aider à révéler son état intérieur (intellectuel, physique et émotionnel) mais aussi ses potentialités – souvent enfouies au plus profond d’elle-même.

Les ateliers d’Ecothérapie (sur 2 ou 3 jours) se déroulent de manière assez similaire en terme de méthode, avec des alternances de temps en intérieur et en extérieur. Le cœur des ateliers est le « solo », moment pendant lequel les participants sont invités à s’isoler dans la nature, plus ou moins longtemps. Le solo s’avère psychologiquement puissant et particulièrement révélateur de la psyché de la personne.

L’intérêt spécifique des ateliers c’est le groupe lequel permet une expérience plus riche et plus stimulante, notamment du fait des partages des expériences.

A qui s’adresse l’Ecothérapie ?

 D’une part, à toutes personnes qui, sans problématique psychologique particulière, souhaitent être mieux en elles-mêmes, y compris dans leur corps ; qui souhaitent se connecter avec leur environnement naturel pour en jouir davantage et se sentir plus vivantes. Il peut aussi s’agir de personnes qui traversent une période de deuil ou de stress particulièrement élevé et qui ont besoin de se poser, en se ressourçant dans la nature, pour s’apaiser et mieux se retrouver. L’Ecothérapie s’adresse bien évidemment aux personnes qui vivent les problèmes environnementaux actuels comme souffrants, angoissants ou apeurants.

 D’autre part, aux personnes en thérapie et qui pensent que la prise en compte de la nature dans le champ de celle-ci est un véritable atout  pour travailler leurs problématiques psychologiques, en particulier les problématiques archaïques. Comme déjà rappelé, l’Ecothérapie est également bien indiquée pour traiter les troubles d’angoisse, de dépression, d’anxiété et de stress.

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